Le temps qu’on va faire
Flavie Loreau & Claire Bouffay
Projet lauréat de l’appel Faire Village 2026. En résidence création-transmission du 9 mars au 10 avril
ATELIERS OUVERTS AU PUBLIC CHAQUE VENDREDI de 14h à 17h du 9 mars au 9 avril 2026, entrée libre
Le temps qu’on va faire est un projet explorant les traditions comme outils de spéculation contemporaine. À partir de fêtes paysannes et de Carnavals, nous interrogeons les liens entre fête et politique, création de personnages et contestation.
Pour préparer ensemble le carnaval de Faire Village, nous vous invitons à participer à la fabrication de pantins et de marionnettes géantes.
Nous proposerons aussi des ateliers d’écritures et de fabrication de banderoles, pour donner naissance à une parade carnavalesque croisant héritages populaires et formes actuelles de mobilisation.
Ces temps de travail ensemble seront l’occasion de découvrir les techniques du papier mâcher, pour fabriquer des personnages en matériaux de récupération.
Ce sera aussi le moment de discuter collectivement de ce qu’on aura envie d’exprimer lors de cette fête de quartier. Quelles revendications pourraient porter nos fêtes, et quels avatars pour incarner ces revendications ?
Flavie Loreau et Claire Bouffay sont deux artistes vivant et travaillant à Marseille. Elles ont été diplômées de la Villa Arson en 2021. Leur travail s'est forgé dans les pratiques collectives et l'artisanat. Depuis l'atelier, elles font émerger les histoires de la matière, et sont guidées par l'apprentissage de techniques artisanales pour inventer de nouveaux récits. Elles travaillent parfois ensemble, parfois individuellement, parfois avec d'autres. Leur projet Le temps qu'on va faire a été soutenu par les ateliers Médicis en 2023, et avait mené à la réinterprétation de la fête des Guenels, réinventée avec les participant.es.
-
Le temps qu’on va faire est un projet de Claire Bouffay et Flavie Loreau. Nous cherchons à mobiliser des traditions comme machines à spéculations, en réfléchissant à la manière dont des gestes, des techniques et des objets considérés comme obsolètes ou archaïques peuvent résonner avec nos contemporanéités.
Au départ, Le temps qu’on va faire traitait de traditions paysannes, en valorisant des modes de vie et de travail ayant été bouleversés par le progrès technique.
Nous nous sommes ainsi intéressées aux fêtes traditionnelles liées à l’agriculture, qui venaient rythmer l’année en faisant le lien entre le temps des humains et le temps des cultures. Ces fêtes étaient souvent peuplées de personnages archétypaux, sous la forme de pantins, de «géants» ou de costumes, dont nous nous inspirons.
La notion de Carnaval a une place importante dans notre recherche, comme une tradition permettant un renversement politique, une inversion des rôles, le dérèglement des mœurs. Le Carnaval commence par le choix d’un roi, sous la forme d’un pantin géant qu’on parade dans les rues ; et il s’achève par la mort de celui-ci, qu’on fini par juger et brûler sur la place publique. Nous nous intéressons à ces espaces d’expérimentation liant fête et révolte, et souhaiterions, pour la parade carnavalesque, réaliser des personnages qui viendraient renverser l’ordre et déborder l’Hiver. Ce travail de création de pantins ou de marionnettes géantes s’articulerait à une réflexion autour des liens entre parade carnavalesque et manifestations politiques contemporaines. En collaboration avec les habitant.es, nous nous poserons ces questions : Que souhaitons nous exprimer ? Quelles revendications pourraient porter nos fêtes ? Quels avatars pour incarner ces revendications ?
Nous souhaitons donc mener des ateliers collectifs tout public, ouverts aux plus jeunes comme aux adultes, pour produire ces pantins. Nous pourrons nous inspirer d’un collectif qui a souvent croisé la fête et le politique : le Bread and Puppet Theatre, une compagnie de théâtre de rue qui, dans les années 60-70, fabriquait des marionnettes géantes et les utilisaient dans des manifestations.
Nous construirons une ou plusieurs marionnettes, qu’on pourra porter sur les épaules ou déplacer à plusieurs. Dans un premier temps, nous réfléchirons à quels personnages nous voulons créer, et nous les dessinerons, avant de choisir les modèles. Puis nous réaliserons les têtes, les mains et les pieds des marionnettes géantes avec des techniques de papier mâché et de bandes de plâtres, que nous peindrons ensuite. Enfin, le corps sera réalisé en un assemblages de matériaux de récupération, de tissus et de tasseaux de bois. Nous pourrons aussi utiliser le réemploi de matériaux possédant des propriétés sonores (matériaux creux, morceaux de métal, tuyaux...), afin que ces pantins deviennent des géants sonores, des avatars à travers lesquels exprimer des revendications, des «crieurs publics».
Lors d’une résidence et fête que nous avons organisée à Beaumont-en-Diois cet été, nous avons mené des ateliers d’écriture avec les habitant.es qui ont mené à une déambulation dans le village et à une scène ouverte. Nous souhaiterions poursuivre ce travail en articulant aussi des ateliers d’écriture collective, qui mèneront à la production de banderoles, aux ateliers de fabrication de pantins.
Pour ces ateliers, nous aurons besoin de tissus, peinture, et supports pour tenir les banderoles finales.
Ainsi, nous invoquerons un certain nombre de codes des manifestations et mobilisations populaires comme les banderoles et les slogans scandés, en les liant aux codes plus traditionnels du charivari et des pantins carnavalesques