La mythologie des bordures

Pour le printemps de l’art contemporain, Jeanne Barret installée en périphérie de Marseille, dans le 15e arrondissement, présente des œuvres d’artistes aux origines, pratiques et esthétiques variées. 

Dans un monde saturé de normes, cette exposition collective, de Kaïs Dhifi, la Mythologie des bordures, évoque la naissance d’un nouveau récit à la frontière de la ville, de pratiques artistiques ou de points de bascule. Cette “mythologie” ne renvoie pas à une fiction ancienne, mais à des récits contemporains, portés par des gestes artistiques depuis des espaces ou des positions souvent oubliés, rejetés ou à l’écart du « centre » — qu'ils soient géographiques ou culturels. Kaïs Dhifi ne cherche pas à enfermer “la marge” dans une définition unique, mais à en révéler la force expressive, critique et parfois politique, notamment à travers ces récits imaginaires ( ou de là-bas).

Ces 34 artistes créent à partir d’une certaine “marge” — cet endroit à partir duquel nous regardons rarement. Si l’on considère cette “marge", l’exposition nous place symboliquement au bord d’une falaise. Elle nous place dans une zone liminale, entre des limites géographiques, des réalités, des surfaces où tout peut basculer. L'œuvre de Demi Tour de France incarne cette sensation de flottement, que l’on a quand le familier devient étrange. Un lieu qui ressemble à une porte d’entrée vers une réalité alternative, parfois dérangeante.

Ces peintures, vidéos, sculptures, dessins, installations sonores — agissent comme des fragments d’une grande Histoire, des histoires de mondes en mutation. Elles illustrent des tensions entre tradition et modernité, centre et périphérie, technologie et mémoire. Elles racontent aussi une tentative : celle de poser un autre regard. Une œuvre comme Marcher vers l’Est de Alix Desaubliaux représente cette quête de nouveaux horizons afin d’explorer d'autres possibles. 

Beaucoup utilisent des matériaux inattendus ou naturels — tissu, maïs, latex, teinture végétale, terre, paille, chaux — et des gestes artisanaux, parfois anciens, parfois réinventés. En choisissant ces techniques, ils prennent le temps, ils s’éloignent de la mode. Détourner des matériaux dits « pauvres », privilégier des savoir-faire artisanaux, réemployer, transformer, teindre, récolter, tanner etc. Par ces gestes ancrés dans le temps long, dans le corps, souvent éloignés des logiques industrielles et marchandes, ils nous rappellent que la “marge” n’est pas seulement une question de lieu, mais aussi de manière de faire.

Les artistes explorent ces instants de trouble, de questionnement et de transformation. Et Kaïs Dhifi, lui, nous propose sans besoin de justification ces nouveaux récits - une mythologie - la sienne. 

Avec
Adrien Vescovi, Alain Barthélémy & Gabriel Gambini, Alan Schmalz, Alex Ayed, Alexander Rączka, Alix Desaubliaux, Antoine Leisure, Antwan Horfee, Arnaud Arini, Aurora, Beah Shin, Darla Murphy,Demi Tour de France (Marie Bouthier, Anouck Lemarquis et Arthur Clerbois), Ernesto Sartori, Fares Dhifi, Frédéric Platéus, Gillian Brett, Gwendal Coulon, Jawher Ouni,Kaïs Dhifi, Kenza Zouari, Leomi Sadler, Liên Hoàng-Xuân, Lilia Houissa, Marine Coutelas, Matthieu Clainchard, Max Kesteloot, Melchior Tersen, Myriame Dachraoui, Nicolas Momein, Pol Edouard, Renaud Morin, Salem Jabou, Souheila Ghorbel, The Wa

Rendez-vous
visite commentée avec Kaïs Dhifi
Le vendredi 16 Mai à 19h

Pour réserver
info@jeannearret.com

horaires visite scolaires :
jeudi et Vendredi
De 9h à 12h et de 14h à 18h